Tout ça pour un gilet…

Gros moment de déprime…

Nous dev(i)ons passer Noël avec ma belle-famille. Grosse réunion de famille, beaucoup de monde et donc beaucoup de stress, d’autant que je sais à quel point certains d’eux me portent dans leur cœur (sarcasme). On m’a toujours fait comprendre que je n’étais pas à la hauteur, que je ne suis pas assez bien pour être la mère de mes enfants et la femme de mon mari. Entre les commentaires sur nos choix de vie, sur mon autisme, sur tout en fait… J’ai toujours senti que je n’étais pas de leur monde.

Évidemment, dans ces conditions, fêter Noël avec eux est d’autant plus stressant. J’ai envie de faire plaisir à mon mari et à mon ainé. Et j’ai envie que tout se passe au mieux. Alors je voulais me fondre dans la masse. M’habiller un peu classe. J’ai commandé un gilet sur Zalando. Et le gilet ne sera pas livré parce qu’ils ont fait une erreur logistique. Bref. Je n’ai rien d’assez classe pour me fondre dans la masse. Ou alors des trucs de plein été. Ou des trucs qui ne me permettent pas d’allaiter sans me déshabiller.

Une dispute avec mon mari plus tard, en larmes, je fini par m’avouer que non seulement il y a le paramètre belle-famille. Mais surtout, il y a cette image dans le miroir. Cette femme qui s’oublie parce que les besoins des autres passent toujours devant, ceux des enfants surtout. Ma dernière douche date de lundi, mon ventre pendouille, mes muscles autrefois dessinés ne se devinent même plus, mes cheveux sont gras, je porte un pantalon d’intérieur, un vieux t-shirt et des pantoufles, mes cheveux n’ont pas vu une brosse depuis hier matin. Et c’est chose courante en fait… Ce n’est pas par fainéantise ou par manque d’envie. Le truc est que mon petit hurle quand je le pose, mon grand enchaîne les bêtises quand j’ai le dos tourné et je suis seule 13 à 14h par jour avec mes gamins, sans aucun relais, sans possibilité de me dégager du temps pour moi. Mes gamins s’en foutent, ils préfèrent de loin une maman pas coiffée et juste débarbouillée a l’évier mais disponible, à une fashionista qui a peur de se casser un ongle en jouant aux duplos. Oui, mais moi… Mon estime de moi s’amenuise, je ne me sens plus belle, plus du tout féminine. Je me perds. La maman bouffe la femme…

Noël était l’occasion de me retrouver un peu. De me faire belle, de m’accorder un peu de temps… C’était l’occasion de m’offrir un vêtement qui me plaisait, de penser à moi, de m’accorder un peu d’importance.

Là je me retrouve à pleurer comme une madeleine… Après 5h à expliquer à Zalando qu’ils ont fait une erreur et que c’est à eux de réparer, pas à moi de chipoter à faire des paiements, à refaire la commande, à attendre un remboursement, à introduire des codes pour le payer au prix initial… À me friter avec mon homme, qui ne comprends pas, qui menace de ne pas aller au réveillon (et donc de priver un petit gars de 3 ans de soir de Noël) de couper les ponts avec sa famille parce que ça me met trop de pression… Tout ça pour un maudit gilet…

Je me retrouve à pleurer en réalisant que je me suis négligée, que lui m’a négligée.. qu’on se parle parfois sans se comprendre, d’autres fois sans s’écouter…

Humeur du soir… https://youtu.be/Tm8LGxTLtQk

Un combat quotidien

Ce matin, j’ai contacté la mutuelle car je suis convoquée par le médecin conseil. C’est une secrétaire qui a décroché, à qui il a fallu que j’explique que je souffre d’anxiété sociale et que je ne suis pas en état d’affronter une salle d’attente bondée, du moins dans passer par la case crise d’angoisse, plus que probablement suivie d’un meltdown…. Je me rends compte que, pour une personne qui ne sait pas ce que je vis, c’est totalement incompréhensible. Je suis sûre que cette nana essayait de faire au mieux. Mais elle ne comprends juste pas que l’on puisse se sentir mal quand on est entouré d’inconnus. Ni que les sens puissent être complètement submergés par les odeurs et les bruits ambiants, au point d’en avoir la nausée et la migraine.

Et juste ces 8 petites minutes au téléphone à devoir me battre pour ne pas me voir forcée à affronter ça, à tenter désespérément d’éviter de me retrouver de nouveau avec le cœur à 180bpm, en sueur, prise de vertiges, de nausées et de tremblements, je me sens épuisée, lasse, vidée de toute énergie. Et prise de l’angoisse de devoir malgré tout affronter cette épreuve…

Il y a des jours comme ca…

Il y a des jours pourris. De ceux où des l’instant où on ouvre les yeux, tout va de travers.

Les enfants se réveillent beaucoup trop tôt, Monsieur oublie que je lui avais demandé pour prendre ma douche avant qu’il ne parte travailler, ma mère me répond qu’elle a du ménage à faire plutôt que de passer la journée de mon anniversaire avec nous, l’aprem au musée tombe à l’eau (celle là, je la sentais venir par contre)… Bref. Rien ne va.

Et alors là, 2 choix. Soit on continue à râler. Sachant que râler déprime le système immunitaire, impacte négativement l’humeur de ceux autour de nous (et la nôtre) et que tout semble gris quand on rumine des nuages…

Ou alors, aller de l’avant et positiver :

Se dire que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, que les enfants feront sûrement une plus longue sieste et que ça me fera du temps pour lire un peu…

Pas de douche? Ça me permet de faire un masque au bringharaj et de le laisser poser longuement pour renforcer mes cheveux, stimuler la pousse et les parer de beaux reflets chocolat. Et je prendrais ma douche pendant la sieste…

La visite du musée avec Mamy est annulée? Hé bien… C’est une économie de carburant, je n’aurais pas le stress de la route… Et la possibilité de profiter du soleil au parc, d’aller nourrir les canards, nous promener le long de la Sambre et jouer à la plaine de jeux…

Et mon anniversaire… Là, je cale. Je ne trouve pas de positif à passer après une serpillère. Mais tant pis. J’ai décidé que cette année, pour la première fois depuis longtemps, je ne passerai pas le 4 novembre à déprimer. Alors tant pis pour ceux qui ne seront pas là, qui ont mieux à faire, qui s’en foutent, qui oublient ou qui le souhaitent pour la forme… Moi, ce sera jour de fête et au diable ceux qui ne veulent pas fêter avec nous…

Et puis, comme disait Voltaire…

Le tsunami du fantôme

Quand on est hyperémotive, même les fantômes peuvent parfois provoquer un à raz-de-maree émotionnel… Aujourd’hui, j’ai croisé mon père. Je savais que si je le revoyais un jour, les choses ne seraient pas cordiales… Mais par contre, je ne m’attendais pas à le voir là, ni à ce moment là. Par chance, j’étais en voiture et, si moi je suis restée pétrifiée, lui m’a regardée bien droit dans les yeux sans s’arrêter… Quand j’ai redémarré, j’avais le souffle court et une nausée carabinée. Évidemment, j’ai du expliquer tout ça à mon ainé, assis derrière et qui se demandait qui était le monsieur qui avait regardé sa maman si méchamment…

Pour moi, ce géniteur absent sauf quand ça l’arrangeait de se souvenir qu’il avait une fille, habitait trop loin que pour déambuler ainsi sur le parking de « mon » supermarché. Mais évidemment… Les derniers « vrais » échanges datent d’il y a presque 7 ans… Les choses peuvent changer en 7 ans…

Mon homme me dit « mais c’est bon, tu t’en fous… » Rationnellement, oui. Je me contrefiche des allées et venues des étrangers et lui n’y fait pas exception. Sauf que je ne m’attendais pas à lui, pas là. Et l’imprévu, c’est un truc qui ne colle pas avec une Aspie, et encore moins avec une Aspie fatiguée…

Le choc passé, j’ai redémarré. J’ai tenté de garder un petit semblant de contrôle, de remettre de l’ordre dans mes idées. D’autres imprévus ont suivi et l’effondrement aussi. Puis le calme est revenu. Mais l’angoisse d’aller dans un supermarché est encore plus forte… Et s’il croisait mes enfants, s’il leur parlait… Si a eux aussi il racontait des mensonges, si à eux aussi il leurs faisait des promesses qu’il ne tiendra pas? S’il leurs faisait du mal? Si…

Voilà. C’est un de ces engrenages cérébraux qui s’est mis en route, une source d’angoisse supplémentaire…

Ca en fait des remous pour un fantôme du passé…

Effondrement autistique

J’aurais pu écrire ce billet… Mais elle l’a fait avant moi avec les mots justes. Là situation sera peut-être différente mais les émotions sont pareilles…

Cette accumulation d’imprévus, de frustration, de stress, de surstimulation… Ce moment où ça pète… Et puis ce que laisse la vague qui se retire… Bon… Je vous laisse découvrir ce chouette blog 😉

Journal d'une asperger

J’avais plein de choses de prévues pour cette journée. J’avais tout calculé, organisé, chronométré.

D’abord, déposer le grand au collège, puis la petite à la maternelle avec les 40 cookies préparés la veille, afin qu’elle puisse fêter son anniversaire avec ses copains et ses copines. (3 ans, ce n’est pas rien 🙂 )

Ensuite, filer à l’hôpital avec mon deuxième, à 1 heure de route, pour une consultation assez banale.

Revenir dans l’autre sens. Encore 1 heure de voiture.

Le déposer à l’école pour qu’il ne rate pas toute la journée

Préparer le gâteau d’anniversaire « famille » et emballer les cadeaux pour qu’elle puisse découvrir tout cela à sa sortie de l’école.


Un joli programme, somme toute assez normal, rien de bien extravagant.

Ouep. Sauf qu’il y a un truc que je n’ai pas intégré dans mes calculs : les choses planifiées peuvent ne pas se passer comme prévu, et je suis…

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Stress et Aspie… Un melange explosif…

Ce matin, c’est un de ces matin ou il me faudrait 5 clones pour répondre à toutes les demandes… Mon tout petit pleure de fatigue et de mal avec ses dents qui percent, mon grand me sollicite pour jouer et je dois le convaincre de faire son aérosol (merci la bronchite !), le petit a vomi son sirop et je dois donc lui mettre un suppositoire, la cuisine ressemble à Bagdad, j’ai du linge à plier et des lessives à faire, je voudrais finir de dejeuner, je dois nourrir les bestioles et aller ouvrir à la poule, je n’arrive pas à allumer le feu dans la cheminée et 19.5°C c’est trop peu avec bébé et le petit grand malade…

Et je me sens complètement dépassée. J’ai envie de pleurer, je me sens découragée… En parlant via WhatsApp à mon compagnon, il s’énerve et blâme les enfants, ce qui ajoute à mon stress…

En quête de conseils de gestion du stress quand on est Asperger sur le net, je suis tombée sur l’excellent article sur le stress chez un aspie sur les tribulations d’une aspergirl.

C’est tellement ça… Mais mon stress de ce matin est différent. Ce matin, ce n’est pas une situation stressante, ce n’est pas une surabondance de stimuli, ce n’est pas l’anxiété sociale… Ce matin, mon stress vient de moi, de mon incapacité à gérer et à prioritiser les choses. Contrairement à mon homme, je ne blâme pas mes petits pour leur attitude que je trouve normale… C’est moi que je blâme de ne pas pouvoir répondre à leurs besoins et aux miens.

Les gens qui ne savent pas que je suis Aspie diraient que je suis dépressive parce que je pleure pour si peu, parce que je me sens trop vite découragée. Le fait est qu’une fois le contrôle de moi revenu (et aujourd’hui ça a été assez vite car je suis assez en forme et que j’ai réussi à enrayer la crise d’angoisse qui pointait le bout de son vilain nez), le sourire et la bonne humeur reviennent rapidement…

Mais voilà. Il y a des mauvais jours. Des jours ou la fatigue est là, ou des jours ou une angoisse sourde et injustifiée tenaille ma poitrine des le lever… Ces jours là, au lieu de me dire  » OK, une chose à la fois, je peux gérer ça » la petite voix intérieure me dit « le grand refuse de faire son aérosol, sa bronchite va tourner en pneumonie et il va se retrouver à l’hôpital, ça va être la merde à gérer parce que je ne veux pas qu’il soit seul à l’hôpital mais je ne peux pas laisser le petit et ils ne voudront pas que je reste avec le petit aussi, comment je vais faire? Et en plus, le feu ne prends pas, ils vont attraper froid… Et puis, le linge qui n’est pas plié, je vais pas retrouver mes affaires, ça va être galère pour les changes des enfants et en plus ça fait bordel… et si ma belle-mère se pointe pour une raison X, y ou z, elle va me faire plein de remarques… Et le petit a vomi son sirop, il hurle, les voisins vont encore râler, ils vont peut être penser que je le maltraite, voir appeler la police… Et mon pauvre ainé qui est malheureux parce que je ne joue pas assez avec lui, parce que son papa lui manque, parce qu’il a besoin d’être rassuré… »

Les hamsters se mettent à courir dans leur roue et à imaginer le pire pour tout… Et boum. La crise d’angoisse se pointe. Au lieu de réagir et de structurer les choses, je reste tétanisée, je crie et je pleure… De l’extérieur, ça ressemble à de la colère. De l’intérieur, c’est un trop plein d’émotions. C’est comme un de ces gros, de ces énormes boutons plein de pu. Ça gonfle, ça fait mal, c’est sensible, puis ça explose, ça en fout partout, ça laisse un trace pendant quelques temps et ça finit par cicatriser. Il paraît que c’est ce qu’on appelle l’effondrement autistique ou le meltdown… Si j’en avais très peu avant, aujourd’hui que je suis maman, que je suis beaucoup plus fatiguée, beaucoup plus amenée à gérer des imprévus, les effondrement sont aussi devenus plus fréquents et c’est grâce à cela (entre autre) que l’on a pu mettre le doigt sur mon syndrome d’Asperger.

En être consciente me permet aussi de savoir ce que c’est et de mieux gérer ça. Je commence à reconnaître les signes précurseurs, à connaître les situations qui génèrent les meltdown et à essayer mettre en place un maximum de stratégies pour éviter ces situations génératrice de stress. On est évidemment très longue du sans faute, mais je suis sûre que ça ne peut aller qu’en s’améliorant.

Le mont Everest en solitaire… Et en tongs

Suite à la découverte tardive de mon syndrome d’Asperger, j’ai décidé de tenir un petit journal de bord sur les émotions, les difficultés, les petits aléas de la vie… Ceci est donc le premier d’une série d’articles relatant un peu le quotidien d’une plus-si-jeune-que-ca maman-de-deux-enfants-en-bas-age autiste Asperger.

Actuellement, je suis en incapacité de chômer – chômer signifiant ici chercher du travail – pour diverses raisons physiques liées à la césarienne qui a sauvé la vie de mon petit deuxième, mais aussi et surtout parce que la fatigue n’aidant pas des masses, mon anxiété sociale est plutôt envahissante. Les jours « sans », ceux où je ne me sens pas capable d’affronter les gens, ou j’ai besoin de ma bulle de calme, de ma zone de confort avec ma petite famille sont largement majoritaires. En pratique, ces jours là, j’évite les endroits bondés, j’évite de prendre le volant dans le centre ville… Ça ne m’empêche pas de sortir avec mes enfants. Simplement, je préférais une ballade dans les bois plutôt qu’une plaine de jeux à l’heure de pointe…

Ce matin était un de ces jours là, et d’autant plus que les enfants ont été malades la nuit dernière… Mais ce matin, malheureusement, j’ai du prendre sur moi pour accomplir des démarches administratives. Autant dire que j’ai gravi le mont Everest en solitaire et en tongs tant cela m’a paru insurmontable…

L’anxiété sociale est difficile à imaginer pour des gens qui ne la vivent pas. Mais je peux essayer de vous faire imaginer. Donc fermez les yeux et essayez d’imaginer. Votre cœur bat à 180 pulsations par minute, votre estomac fait du trampoline dans votre cage thoracique tandis qu’une crise de coliques vous tord les intestins. La sueur ruisselle dans votre dos, votre respiration est courte et pénible, avec une impression d’être écrasé sous un poid énorme… Rationnellement, vous savez que c’est une crise d’angoisse même si ce sont « juste des gens ». Mais là rationalité ne vous aide pas. Et évidemment, comme vous n’avez pas l’air bien, les gens, ces inconnus qui vous mettent déjà dans une situation d’inconfort, vous regardent, vous parlent, augmentant cet état d’angoisse irrationnel. Ça y est. Vous avez envie de vomir. Sauf que… Vous avez 2 enfants en bas âge avec vous, dont un dans la poussette qui ne passe pas la porte des WC. Et vous n’allez bien entendu pas laisser vos petits seuls pendant que vous courrez vider votre estomac aux toilettes… Vous ravalez péniblement ces remontées et tentez de rationaliser. Vous vous concentrez autant que faire se peut sur votre respiration, vous essayez de trouver votre zone de calme au milieu du brouhaha des conversations, des vas et viens, des bip d’appel du numéro suivant. Le malaise vous envahit, tout semble devenir lointain, votre vue se brouille. Les enfants ! Vous vous raccrochez à ce petit point de réalité, à ces petits êtres qui font partie de votre zone de confort pour ne pas sombrer dans un trou noir… Vous vous appliquez à rester connecté avec eux. Plus que jamais, ils sont vos soleils, vos lumières dans la nuit, un phare, une ancre, un havre de paix, de calme…

C’est cela l’anxiété sociale pour moi. Et c’est comme ça dans mes mauvais jours, parfois, c’est juste un sentiment de malaise, parfois, ça va jusqu’à la crise d’angoisse. Dans les bons jours, je parviens à prendre sur moi, à gérer mieux. Mais ça m’épuise. Et après 2 ou 3 heures, je ressens le besoin de m’isoler dans ma bulle.

Ce genre de situation – à plus ou moins fort degré – arrive aussi avec des gens que je connais mais avec qui je ne suis pas très à l’aise. En fait, peu de gens font partie de ma zone de confort : mes enfants, mon homme, ma maman, mes quelques amis proches… Et plus je vieillis, moins longtemps je suis capable de prendre sur moi. Les réunions de famille, les fêtes, les soupers sont le plus souvent une épreuve pour moi. Et même si j’y prends plaisir au début, il y a fort à parier qu’après 3 ou 4 heures, je finisse par me fatiguer, par sembler absente, voir même que je me mette en retrait près de mes petits ou avec mon livre ou mon smartphone.

Il faut dire aussi que les conversations futiles, le chit-chat m’exaspèrent et si je n’ai pas de sujet intéressant à discuter, je me lasse très rapidement. J’ai besoin de conversations intelligentes qui vont me passionner, soit parce que j’y apprends quelque chose, soit parce que je prend plaisir dans l’argumentation des points de vue des différents protagonistes. Si les conversations restent superficielles, que les gens sont saouls, que je débarque dans un endroit où les gens se connaissent tous bien entre eux, il y a fort à parier que je resterai en retrait, à observer les gens, leurs façon d’interagir entre eux, à écouter ce qui se dit. Et il est plus que probable qu’on me trouve bizarre ou asociale.

L’un des éléments propres à l’autisme est une difficulté dans les interactions sociales. Sauf que, comme beaucoup d’Asperger, j’ai une fascination pour ce que j’ai du mal à comprendre : le language non verbal, les émotions, les micro-expressions. J’ai donc appris ce qui est instinctif chez les gens « normaux » et dans mes « bons jours » je peux me servir de ces outils pour communiquer plus ou moins normalement. Dans mes mauvais jours, la quantité de concentration et les efforts que me demande l’utilisation de ces outils est telle que je n’y arrive pas. Je ne parviens pas à décoder les gens, ni à me mettre à leur place. Mais, lorsque dans les meilleurs jours, j’observe les gens, je vois littéralement les non-dits, les sentiments, les émotions… Cela rend finalement mes interactions encore plus difficiles car je vois clairement dans le jeu des gens, et je deviens très méfiante même vis-à-vis de personnes proches comme la famille, les collègues… Il va sans dire que ça rend les relations tant professionnelles que privées difficiles. J’ai besoin de personnes franches, transparentes, honnêtes, en qui je peux avoir confiance aveuglément. Seules ces personnes là – et ils ne sont pas nombreux – font partie de ma bulle et sont toujours bienvenues à la maison, dans les bons comme dans les mauvais jours…